Le Vorarlberg a parfaitement compris la mission. Et a ensuite discrètement fait bien plus que prévu.
Ce coin d’Autriche joue selon ses propres règles. Il n’est pas tapageur. Il ne cherche pas l’attention. Il existe simplement à un niveau très élevé et laisse les autres suivre. Le design fait partie du quotidien, les montagnes semblent stylisées plutôt que sauvages et même les villages donnent l’impression d’avoir été soigneusement édités. Rien n’est encombré. Rien ne semble laissé au hasard. Le Vorarlberg, c’est ce qui se produit lorsque la nature, l’architecture et la logistique décident de fonctionner en parfaite harmonie.
Le plus agréable ? Le rythme change sans prévenir. Les routes dessinent des courbes parfaites. Les points de vue apparaissent exactement au bon moment. Tout est proche, sans jamais donner une impression de petitesse. Plutôt une excellence compacte. Ici, le luxe est discret, l’assurance est silencieuse et la région sait qu’elle n’a rien à prouver. C’est un lieu rare où une matinée peut être intellectuelle, un après-midi cinématographique et une soirée subtilement iconique. Aucun superflu. Aucune transition maladroite. Juste un tempo maîtrisé et un goût irréprochable.
Pour que rien ne rompe cette harmonie, nous avons conçu un itinéraire de 4 jours dans le Vorarlberg, qui traverse la région avec fluidité, met en valeur les moments clés au bon moment et maintient une élégance constante du début à la fin.

De petite taille mais doté d’une forte personnalité, Oberstadt ouvre l’itinéraire avec une assurance tranquille. C’est le visage de Bregenz avant les panoramas lacustres et les audaces de l’art contemporain, une enclave perchée qui privilégie le fond au spectacle et laisse l’histoire s’exprimer.
Oberstadt trouve ses origines au Moyen Âge, lorsque la ville haute constituait le cœur fortifié de Bregenz. Épaisses murailles de pierre, ruelles pavées étroites et façades remarquablement conservées témoignent de siècles d’importance stratégique liée aux routes commerciales autour du lac de Constance. Ici, les strates de l’histoire sont immédiatement lisibles. Héritage romain, jeux de pouvoir médiévaux et touches baroques se concentrent dans un espace intime, jamais écrasant. Un patrimoine vécu, non mis en scène.
Depuis Oberstadt, une montée de 2 à 3 minutes à travers des ruelles pavées de plus en plus médiévales mène à l’un des plus beaux points de vue du Vorarlberg et à une tour qui domine discrètement l’horizon depuis le XVIIe siècle.
Le Martinsturm est le monument le plus ancien et le plus emblématique de Bregenz. Construit à l’origine comme grenier et tour de guet, il a ensuite été transformé en manifeste baroque. Son dôme en forme d’oignon, le plus haut de ce type en Europe centrale, s’impose comme une signature visuelle au-dessus de la vieille ville. À l’intérieur, la tour raconte plusieurs époques. Du stockage alimentaire médiéval à la défense urbaine, jusqu’au symbole de pouvoir, elle illustre l’évolution de Bregenz, passée d’une cité fortifiée à une capitale culturelle au bord du lac. L’ascension est récompensée par des vues étendues sur le lac de Constance, la vallée du Rhin et les Alpes. Une histoire qui se mérite.
Avec le Pfänderbahn, la ville s’efface et les Alpes prennent le relais. Il se situe à seulement dix minutes de marche en descente depuis le Martinsturm.
En service depuis 1927, le Pfänderbahn est depuis longtemps le moyen le plus simple de prendre de la hauteur à Bregenz. Le téléphérique grimpe jusqu’à près de 1 064 mètres d’altitude en quelques minutes, transformant la ville en miniature. Depuis le sommet, la vue s’étend sur le lac de Constance et traverse trois pays sans le moindre effort. Autrefois poste d’observation stratégique, le mont Pfänder joue aujourd’hui un autre rôle. Il offre de la perspective, celle qui explique instantanément pourquoi cette région d’Autriche dégage une telle maîtrise.
Le trajet est fluide et contemporain, avec de larges cabines panoramiques pensées pour la contemplation plutôt que pour les sensations fortes. Au sommet, des sentiers soigneusement entretenus mènent à plusieurs belvédères, chacun cadrant le lac et les contreforts alpins sous un angle légèrement différent.
Une fois redescendu du Pfänderbahn, restez au plus près du lac et laissez-vous guider par le parcours. En cinq minutes environ, la promenade mène naturellement au quartier culturel de Bregenz, où le Festspielhaus structure le front de lac.
Le Festspielhaus Bregenz est la scène majeure de la ville pour les grandes productions, concerts et spectacles internationaux. Il a été conçu pour répondre à des exigences acoustiques élevées et à une ambition assumée, notamment lors des célèbres Bregenzer Festspiele. Les lignes épurées et les vastes espaces intérieurs reflètent l’identité du Vorarlberg, fortement marquée par le design, tandis que l’échelle du bâtiment affirme son poids culturel. Ici, la ville passe du paysage à l’intellectuel sans rien perdre de sa singularité.
Pour approfondir la visite, des visites guidées du Festspielhaus sont proposées de septembre à mai, du lundi au vendredi entre 9 h et 16 h. En été, les visites sont adaptées à la période du festival. Lorsque les conditions le permettent, l’expérience inclut des vues sur la plus grande scène lacustre du monde. Les visites durent généralement entre 50 et 60 minutes et sont organisées en groupes à taille maîtrisée, garantissant un contenu précis et informatif.
En quittant le Festspielhaus, inutile de réfléchir à l’itinéraire. Traversez la rue voisine, dirigez-vous vers l’intérieur des terres et laissez le lac derrière vous. En environ trois minutes, l’environnement se resserre et l’architecture gagne en netteté. Le Kunsthaus Bregenz apparaît alors.
Le Kunsthaus Bregenz n’est pas passé inaperçu, même si son apparence pourrait le laisser croire. Conçu par Peter Zumthor, le bâtiment adopte une retenue volontaire, et c’est précisément ce qui fait sa force. Sa façade en verre n’est pas décorative. Elle agit comme un filtre, captant la lumière du lac de Constance et la diffusant dans les espaces intérieurs, qui évoluent subtilement du matin au soir. Le bâtiment ne se ressemble jamais tout à fait. La lumière devient partie intégrante de l’exposition, installant une atmosphère sans jamais détourner l’attention des œuvres.
Le musée est reconnu pour son engagement envers des expositions monographiques, chaque présentation étant consacrée à un seul artiste à la fois. Un choix curatoriel volontaire et légèrement radical. Aucun bruit visuel. Aucun récit concurrent. L’attention reste concentrée, permettant une immersion profonde plutôt qu’une simple lecture rapide. Des artistes de renommée internationale disposent souvent d’une liberté totale pour investir l’espace, transformant le bâtiment en toile collaborative plutôt qu’en simple contenant neutre.
Depuis le Kunsthaus Bregenz, partez vers le sud le long de l’artère principale et continuez au-delà des vitrines aux lignes épurées. En environ deux minutes à pied, l’ambiance passe du silence feutré des galeries au bourdonnement urbain, et GWL - Kaufhaus & mehr apparaît avec une évidence naturelle.
Ouvert en 2012, GWL est un centre commercial urbain contemporain, pensé pour s’intégrer à la ville plutôt que pour la dominer. Son nom résume l’idée. Kaufhaus et plus encore. Conçu comme le pôle commerçant central de Bregenz, il rassemble sous un même toit des marques internationales et des labels régionaux.
La sélection reste nette et actuelle. Attendez-vous à des enseignes de mode internationales comme ZARA et Esprit, ainsi qu’à des noms du sport et du lifestyle tels qu’INTERSPORT. Beauté et essentiels sont également au rendez-vous avec dm drogerie markt et Douglas. On y trouve aussi des boutiques régionales et des concept stores qui reflètent l’élégance discrète du Vorarlberg. Lignes épurées. Belles matières. Rien de tapageur.
En environ quatre minutes, la ville s’efface et le lac prend le dessus. C’est là que commence la Seepromenade mit Hafenmole, et que la soirée ralentit officiellement le rythme.
La Seepromenade est depuis longtemps la place au premier rang de Bregenz face au lac de Constance. Pensée comme un espace public au bord de l’eau plutôt que comme un parc formel, elle reflète la relation de la ville avec le lac. Ouverte, accessible, sûre d’elle sans ostentation. La Hafenmole, ou jetée du port, s’avance dans le lac et a longtemps servi de point d’amarrage et de poste d’observation, reliant Bregenz au trafic régional de bateaux sur le lac. Aujourd’hui, elle fait davantage office de repère social et visuel.
Une marche de trois minutes vous mène à une structure qui flotte juste au large. Voici la Seebühne, le moment le plus théâtral de Bregenz.
La Seebühne est la plus grande scène flottante du monde, et oui, elle mérite pleinement ce titre. Construite dans le cadre du Festival de Bregenz, cette scène en plein air transforme le lac de Constance en espace de spectacle depuis le milieu du XXe siècle. Les productions y sont célèbres pour leur ambition, avec des décors monumentaux qui surgissent directement de l’eau et changent au fil des saisons. L’opéra en est le pilier, mais c’est l’échelle qui la rend légendaire.
Pendant la saison du festival, la Seebühne devient le cœur du calendrier culturel de la ville. Même en dehors des représentations, le site reste accessible pour l’observer et le découvrir lors de visites guidées. Les visites officielles proposées durant les périodes du festival permettent d’accéder aux coulisses, à la structure de la scène, aux systèmes techniques et aux concepts de production.
Pour une expérience plus saisissante, le soir s’impose. C’est à ce moment-là que la scène s’accorde parfaitement avec la lumière, le lac et cette atmosphère d’attente. Se tenir le long de la promenade ou près des zones d’observation lorsque le soleil descend offre une fin de journée cinématographique, même sans spectacle.

Depuis Bregenz, l’itinéraire s’enfonce dans les terres et gagne en altitude. Le trajet vers le Bregenzerwald dure environ 45 minutes, troquant les vues sur le lac contre des collines ondulantes et une architecture en bois au caractère immédiatement distinct.
Schwarzenberg est l’un des villages les mieux préservés du Bregenzerwald, et il porte son histoire avec légèreté, mais avec assurance. Le village s’est développé autour de l’agriculture alpine traditionnelle et de l’artisanat, ce qui explique les maisons en bois emblématiques qui bordent le centre. Beaucoup datent de plusieurs siècles et suivent des codes architecturaux stricts, privilégiant les proportions, la fonction et l’harmonie avec le paysage.
En quittant le centre du village, continuez le long de la même rue principale, sans changer de direction. Après trois minutes de marche, l’Angelika Kauffmann Museum apparaît, installé dans une maison traditionnelle en bois du Bregenzerwald.
Le musée est dédié à Angelika Kauffmann, l’une des artistes les plus influentes du XVIIIe siècle, et l’une des rares femmes à avoir acquis une reconnaissance internationale à l’époque des Lumières. Élevée à Schwarzenberg, elle devient ensuite membre fondatrice de la Royal Academy à Londres, construisant une carrière à l’échelle des grands centres culturels européens. Installer le musée dans le Kleberhaus historique relie sa réussite mondiale au village qui a marqué ses premières années, créant une continuité forte entre le lieu et l’héritage.
Vous avancez à votre rythme, les visites étant souvent en autonomie. De mai à octobre, des expositions temporaires se succèdent, offrant à chaque saison un nouvel angle curatorial. Ces présentations éclairent l’œuvre de Kauffmann et le climat intellectuel de son époque grâce à un mélange de pièces originales, de reproductions et de dispositifs contextuels. Si vous souhaitez une approche plus structurée, les visites guidées publiques du mardi et du dimanche apportent un commentaire clair et vivant.
Un trajet de dix minutes à travers la campagne vallonnée, puis le paysage s’ouvre et Andelsbuch apparaît.
Andelsbuch est réputé pour son équilibre entre tradition et design tourné vers l’avenir, ce qui en fait l’un des villages les plus discrètement influents du Bregenzerwald. Historiquement ancré dans l’agriculture et l’artisanat, il est devenu une vitrine de l’art de vivre alpin contemporain, sans perdre son ancrage.
Ici, rien n’impose un parcours figé, et c’est un avantage. Des itinéraires de promenade mettent en valeur l’architecture moderne, les repères du village et les vues sur la vallée du Bregenzerwald. Certaines balades guidées autour de l’architecture sont proposées selon la saison via les offices de tourisme régionaux, avec un focus sur la manière dont Andelsbuch est devenu une référence du design alpin moderne.
Quitter Andelsbuch ne ressemble même pas à un départ. Vous restez sur votre trajectoire, suivez la même route, et avant même que le village ne disparaisse, deux minutes en voiture, ou environ dix minutes à pied, suffisent. Puis le lieu se révèle.
La structure de verre et de bois du Werkraum Bregenzerwald se pose dans le paysage comme si elle y avait toujours été. Ouvert en 2013, le Werkraum Bregenzerwald est un lieu collectif qui met en lumière les maîtres artisans de la région, réunissant menuisiers, ébénistes, métalliers, créateurs textiles et designers sous un même toit. Le concept est simple, mais puissant. Ici, le savoir-faire traditionnel rencontre le design contemporain, non comme une nostalgie, mais comme une pratique vivante. Le bâtiment lui-même, conçu par l’architecte Peter Zumthor, participe à cette logique. À l’intérieur, les expositions changent régulièrement, mettant en avant le travail d’ateliers locaux et de designers. Vous circulez librement dans l’espace, au fil de meubles, d’objets et d’installations pensés pour être touchés, compris et utilisés, pas seulement admirés à distance.
La découverte se fait principalement à votre rythme, à travers des expositions temporaires qui révèlent autant des pièces contemporaines que les récits qui les accompagnent. Pour aller plus loin, des visites guidées sont proposées et valent la peine d’être bien calées. Les visites publiques ont lieu le mercredi à 11 h et le jeudi à 16 h, avec un focus sur l’exposition en cours ainsi que sur l’architecture du Werkraum Haus. Gardez toutefois à l’esprit que les visites publiques se déroulent généralement en allemand.
Après environ dix minutes de route, l’atmosphère s’adoucit et le centre de Bezau se dessine. C’est l’un des points d’ancrage sociaux et culturels du Bregenzerwald.
Façonné par l’agriculture, le commerce et l’artisanat, le village s’est développé comme lieu de rencontre pour les communautés alentours. Aujourd’hui, il associe cet héritage à une sensibilité moderne, détendue plutôt que trop travaillée. Les maisons traditionnelles en bois cohabitent naturellement avec des constructions contemporaines, reflétant une évolution progressive plutôt qu’une rupture. C’est un village qui se découvre en flânant. Bezau se parcourt idéalement à pied, en laissant les rues vous mener vers des espaces publics, des repères locaux et des vues ouvertes sur les collines environnantes.
Après environ quinze minutes de route, le paysage s’ouvre et la silhouette apparaît. Large, indéniable, et discrètement dominante. Voici Kanisfluh, et il sait comment conclure une journée avec justesse.
Kanisfluh est l’une des formations montagneuses les plus reconnaissables du Bregenzerwald, non pas parce qu’elle cherche à impressionner, mais parce qu’elle n’en a pas besoin. Dominant les villages de Mellau et Schnepfau, sa vaste face calcaire sert depuis longtemps de repère visuel pour la région. Historiquement, la montagne a structuré les rythmes agricoles, les itinéraires de pâturage et les récits locaux, ancrant la vie quotidienne bien avant de devenir une icône paysagère. Contrairement aux sommets alpins acérés, Kanisfluh donne une impression de stabilité et d’ampleur. Solide. Familière. Presque protectrice dans la manière dont elle veille sur la vallée.
Arriver en début de soirée permet à la montagne de se teinter de nuances plus chaudes, tandis que les ombres s’étirent sur la vallée. Il ne reste plus que l’échelle, le silence et la perspective. Kanisfluh ne clôture pas la journée avec du spectaculaire. Il la clôture avec une évidence tranquille.

Commencez la matinée à Bludenz, passerelle officieuse entre les vallées du Vorarlberg et la haute montagne. Ici, le rythme urbain rencontre la logique des Alpes, et c’est l’endroit idéal pour entrer en douceur dans une journée qui ne fera que monter.
La vieille ville de Bludenz est compacte, facile à parcourir et discrètement marquée par l’histoire. Des ruelles médiévales s’enroulent autour de bâtiments aux teintes pastel, de passages à arcades et de vestiges d’anciennes fortifications qui rappellent son rôle d’autrefois, celui d’un poste de commerce stratégique. Le plan de la ville reflète encore son passé de carrefour entre les vallées du Montafon, du Klostertal et du Walgau. L’ensemble semble habité plutôt que figé, ce qui rend la flânerie naturelle, jamais théâtrale. Un patrimoine alpin où la vie quotidienne continue, tout simplement.
Bludenz fonctionne parfaitement comme point d’ancrage du matin, car tout y est posé d’un coup, l’histoire, l’échelle, la géographie.
Prenez la direction de Bürs et, en cinq minutes en voiture, ou en vingt minutes à pied, les rues cèdent la place aux parois rocheuses et à l’eau vive. C’est là que la Bürserschlucht prend le relais et réinitialise le tempo de la matinée.
La Bürserschlucht est une gorge alpine étroite, creusée au fil de milliers d’années par des eaux rapides entaillant le calcaire. Historiquement, elle servait de frontière naturelle et de paysage de travail, lié aux moulins et à l’industrie locale. Aujourd’hui, c’est l’une des expériences nature les plus accessibles de la région, où la géologie brute s’équilibre avec des aménagements parfaitement intégrés. Des passerelles en bois et des chemins sécurisés vous guident entre parois abruptes, petites cascades et passages ombragés, offrant du spectaculaire sans basculer dans l’extrême. La nature qui en fait beaucoup, sans jamais hausser le ton.
En quittant la Bürserschlucht, l’itinéraire revient nettement en mode vallée. Suivez la route vers le sud en direction du Montafon et, après environ trente minutes de trajet, le paysage s’ouvre et le centre de Schruns se dessine.
Le Silvretta-Center joue un rôle pratique, mais essentiel, dans la vallée du Montafon. Conçu comme un centre de village moderne plutôt que comme un centre commercial tape-à-l’œil, il reflète la manière dont la région aborde le quotidien. Fonctionnel. Bien organisé. Ancré dans des besoins réels. Sa situation à Schruns en fait un point de rendez-vous naturel, dans la continuité du rôle historique de la commune comme cœur culturel et commercial de la vallée. Aujourd’hui, on y trouve un mélange de boutiques, de cafés et de services locaux, autant pour les habitants que pour les visiteurs.
De l’eau, des montagnes, et une pause qui tombe juste. Depuis le Silvretta-Center à Schruns, restez dans la vallée et suivez la route vers Tschagguns. En environ cinq minutes de voiture, le décor s’ouvre et le Staubecken Latschau apparaît.
Le Staubecken Latschau est un réservoir créé pour soutenir l’hydroélectricité dans la vallée du Montafon, mais il a depuis longtemps dépassé sa seule fonction. Encadré par des pentes raides et des crêtes boisées, il se situe à la frontière entre la vie de village et le terrain alpin plus élevé. Historiquement lié à l’infrastructure énergétique de la région, il illustre la manière dont le Montafon a toujours travaillé avec son paysage plutôt que contre lui. Aujourd’hui, il ressemble davantage à un miroir naturel qu’à une structure industrielle, ancrant la vallée avec une échelle tranquille et une vraie immobilité.
Restez sur la Silvretta High Alpine Road et montez pendant environ une heure, en regardant le décor passer au niveau supérieur à chaque lacet. Le réseau disparaît, mais la galerie photo se remplit. Puis vous atteignez le Bielerhöhe Pass, à 2 032 mètres d’altitude, et soudain, même le fil d’actualité a besoin d’un instant pour suivre.
Bielerhöhe se trouve au cœur des hautes Alpes de la Silvretta et a toujours été une question de connexion. Bien avant de devenir une route à cocher sur une liste, ce col reliait des régions, puis a soutenu les vastes projets hydroélectriques qui ont façonné le secteur. Les réservoirs alentours et les crêtes ouvertes donnent au lieu son esthétique signature.
Ici, on publie moins et on garde davantage. Une photo grand angle. Un moment de silence.
Une fois Bielerhöhe savouré comme il se doit, la route vous entraîne naturellement vers le bas. Suivez la Silvretta High Alpine Road en direction de Gaschurn et, en environ quinze minutes, le paysage se détend.
Le Vermuntsee fait partie du premier réseau hydroélectrique de la Silvretta, construit dans la première moitié du XXe siècle pour transformer l’eau alpine en énergie. Ce qui n’était au départ qu’une infrastructure se lit aujourd’hui comme un geste de design. Perché en altitude et encadré par des pentes ouvertes, le réservoir est devenu un repère visuel, reflétant les sommets environnants avec une symétrie presque évidente. Il porte l’histoire sans lourdeur, équilibrant l’ingénierie et un calme presque méditatif. Ici, aucun programme n’impose un rythme, et c’est voulu. Le Vermuntsee se vit en autonomie, à travers de courtes promenades au bord de l’eau et des points de vue naturels qui invitent à s’arrêter, pas à avancer au pas de course.
Quand le Vermuntsee s’efface dans la lumière du soir, restez sur la route de vallée et laissez le trajet se dérouler naturellement. En environ dix minutes, la route se stabilise, des lumières apparaissent et Partenen se révèle. Sans crescendo. Sans dernier effort. Juste le signal net que la journée est arrivée à son terme.
Partenen se situe à l’extrémité sud de la vallée du Montafon et a longtemps joué le rôle de village seuil. Historiquement, il marquait la transition entre les itinéraires de haute montagne et la vie de vallée, façonné par les liaisons de transport puis par les projets hydroélectriques de la Silvretta. Cet héritage donne au village un caractère solide et fonctionnel. Entouré de pentes abruptes et d’une échelle alpine affirmée, Partenen paraît posé plutôt que scénarisé. Un lieu construit pour l’utilité, pas pour la démonstration.
Terminer la journée à Partenen est un choix assumé. Le soir apporte le calme, une lumière plus douce et cette sensation de conclusion, après une journée pleine d’altitude, de paysages et de mouvement.

Commencez la matinée en douceur en suivant la Lech River, tandis qu’elle traverse le village comme un fil conducteur. Ce tronçon du Lechweg est plat, facile à parcourir et discrètement photogénique, offrant une entrée plus lente dans la journée avant que le dénivelé ne prenne le dessus. Ici, la rivière est encore jeune et limpide, avançant calmement entre des berges herbeuses et des ponts en bois.
Cette marche fonctionne parce qu’elle vous recentre. Vous êtes entouré par l’ampleur alpine, mais le rythme reste à échelle humaine. Un rappel que Lech n’est pas seulement une question d’altitude. C’est aussi une question de proportions.
Moins de ciel, plus de moment.
Depuis le village, une courte montée vous éloigne du mouvement pour vous conduire vers quelque chose de volontairement plus calme. Créée par l’artiste de la lumière James Turrell, l’installation est pensée pour vous ralentir, sans vous demander la permission. Vous entrez dans une chambre simple, vous vous asseyez et vous levez les yeux vers une ouverture dans le plafond.
L’accès est volontairement limité, ce qui garantit une expérience plus sereine et plus concentrée. Les visites suivent des horaires précis, souvent autour du lever ou du coucher du soleil, et des sessions guidées peuvent être réservées. C’est à ce moment-là que vous regardez le ciel passer par plusieurs nuances en une seule assise. La structure reste silencieuse, exprès, pour laisser l’expérience parler d’elle-même.
Revenez vers le centre du village et suivez l’appel doux de la pente. En quelques minutes, la station de départ du Rüfikopf Seilbahn s’impose.
Rüfikopf a toujours été une histoire de perspective. Le téléphérique vous élève depuis Lech jusqu’à l’un des points de vue les plus dominants de l’Arlberg, déployant le paysage d’un seul geste, net et assuré. À mesure que vous montez, le village rapetisse, les sommets s’étirent et l’échelle du massif de l’Arlberg devient évidente. Depuis le haut, les vues s’ouvrent sur des crêtes rugueuses en direction de Zürs, de St. Anton et de profondes vallées alpines qui semblent sculptées plutôt que construites. Un relief de haute montagne classique, ample et puissant, plutôt que tranchant et chaotique.
La transition entre Lech et Zürs dure environ dix minutes, mais le changement d’atmosphère est immédiat. La route se resserre, le mouvement ralentit, et Zürs apparaît sans introduction, et sans en avoir besoin.
Ici, le volume baisse. Délibérément. Zürs a toujours fonctionné sur une autre fréquence. Perché dans l’Arlberg et façonné par l’altitude et la neige, il s’est développé comme une petite implantation alpine bien avant que le prestige n’entre dans la conversation. Ce que vous voyez ici est intentionnel. Des rues compactes, des structures alpines traditionnelles et un plan qui semble tourné vers l’intérieur plutôt qu’exposé. L’histoire n’y est pas mise en vitrine. Elle fait partie du décor, intégrée au rythme quotidien.
Depuis le centre de Zürs, comptez cinq minutes de route, ou une marche régulière en montée qui paraît volontaire plutôt qu’exigeante. La route s’éloigne légèrement du village, puis se relâche. C’est le signal. Zürsersee apparaît, sans effet.
Zürsersee a été façonné par la géographie alpine et les rythmes saisonniers bien avant de devenir une parenthèse paysagère sur l’itinéraire de l’Arlberg. Le lac se tient au-dessus du village, encadré par des pentes ouvertes et de larges faces montagneuses qui donnent à l’ensemble une sensation d’espace plutôt que d’enfermement. En hiver, tout va vite. Les skis tracent, les remontées tournent sans pause. Hors saison, le lac change complètement de ton. L’eau reste immobile. Les reflets se précisent. Les sommets se dédoublent à la surface. On a moins l’impression d’une destination que d’un signe de ponctuation. Court, intentionnel, parfaitement placé.
Depuis Zürs, restez sur la Flexenstraße et continuez à monter. Le trajet dure environ dix minutes, mais le basculement arrive plus tôt qu’on ne l’imagine.
Le Flexenpass façonne les déplacements à travers l’Arlberg depuis des siècles. Bien avant les remontées mécaniques et les hôtels alpins, ce passage de haute montagne constituait un lien vital entre les vallées, facilitant le commerce, les migrations saisonnières et la communication à travers un relief difficile. La route moderne respecte cet héritage sans en faire un spectacle. Des tunnels sont creusés directement dans la montagne, les virages suivent les courbes naturelles, et les variations d’altitude semblent conçues avec intention plutôt qu’avec bravade. Une infrastructure qui comprend la retenue.
Il n’y a pas de centre d’accueil ni de circuit de visite figé au Flexenpass, et c’est précisément ce qui fait son efficacité. La plupart des voyageurs le vivent comme une portion de route panoramique entre Zürs et Lech, ou comme une pause sur des itinéraires alpins plus longs.
Restez sur la route de montagne, laissez les courbes vous guider, et en quelques minutes, le paysage s’ouvre, l’altitude devient presque cérémonielle. Voici l’Arlberg Pass, et oui, c’est là que l’itinéraire est censé s’achever.
L’Arlberg Pass a toujours été plus qu’un simple passage. Pendant des siècles, il a servi de lien essentiel entre des régions, façonnant le commerce, les voyages et la vie alpine bien avant que la culture du ski n’entre en scène. Perché entre deux vallées, le col porte en lui une sensation de transition inscrite dans la géographie. C’est un lieu défini par le mouvement et la connexion, où l’histoire ne se lit pas à travers des monuments, mais à travers le flux continu de personnes, d’idées et d’itinéraires qui traversent les montagnes.
L’Arlberg Pass ne clôt pas l’itinéraire avec un spectacle. Il le clôt avec de la perspective, en rappelant que les plus beaux voyages n’ont pas besoin d’effets finaux. Ils ont juste besoin du bon endroit pour s’arrêter.
Le Vorarlberg récompense la curiosité. Une fois les incontournables cochés, c’est là que la région révèle toute son amplitude. Design, nature, eau, altitude, et ce luxe discret qui n’a rien à prouver. Ce sont des lieux que l’on choisit quand on a fini de courir, et qu’on est prêt à se laisser surprendre, un peu.
Le Vorarlberg aborde le voyage en famille autrement. Il n’assomme pas les enfants avec du bruit, et n’épuise pas les parents avec une logistique interminable. À la place, il propose des lieux qui combinent mouvement, apprentissage, nature et juste ce qu’il faut d’effet waouh pour que tout le monde reste accroché. Des endroits où la curiosité est récompensée, où l’énergie se dépense au bon endroit, et où l’expérience garde cette impression de design réfléchi plutôt que de simple divertissement.
La position du Vorarlberg a un effet discret, mais puissant, sur un itinéraire. Il suffit de dépasser légèrement les frontières de la région pour que le paysage, la langue et le ton culturel basculent presque immédiatement. Ces excursions ne donnent pas l’impression d’ajouts. Elles ressemblent à des prolongements naturels, assez proches pour se faire sans effort, mais suffisamment distincts pour remettre la perspective à zéro. Chaque destination ci-dessous apporte du contraste et de la texture.
Le golf dans le Vorarlberg n’a rien à voir avec des fairways parfaitement manucurés, cachés derrière des clôtures. Ici, les parcours lisent le relief, transformant les variations d’altitude, les horizons de montagne et l’air alpin en jouabilité, pas en simple décor. Ces parcours récompensent les coups réfléchis et le sens de la stratégie. Et oui, des vues spectaculaires, sans jamais voler la vedette au jeu. Voici une sélection de parcours remarquables dans la région, chacun avec sa personnalité.
Le Vorarlberg aborde le cheval comme il aborde l’architecture et le paysage. Avec retenue, respect et sens du but. Plutôt que des hippodromes, la région mise sur une culture équestre vivante, des structures d’entraînement et des traditions saisonnières liées à la vie alpine. Ici, on trouve de la proximité, de l’authenticité et du savoir-faire, pas du spectacle.
Le Vorarlberg ne sur-explique pas le ski. Il laisse les montagnes s’en charger. Les domaines skiables ici sont pensés pour des pistes solides et des visuels solides. De larges pistes damées, des remontées fluides, et des panoramas aussi beaux en photo qu’ils le sont sous les skis. On ne choisit pas entre performance et esthétique. On a les deux. Le luxe se montre sans bruit. Logistique fluide, neige fiable, et des pentes qui restent photogéniques de la première remontée à la dernière descente.
La scène Michelin du Vorarlberg ne cherche pas à faire du bruit. Elle est précise, sûre d’elle, et profondément ancrée dans le lieu. Ce qui marque, ce n’est pas seulement la technique, mais la manière naturelle dont les ingrédients alpins, les traditions régionales et les idées modernes se rejoignent. Ici, les cuisines travaillent avec intention. On le ressent dans le rythme du repas, la netteté des saveurs, et dans la façon dont chaque assiette reflète l’endroit où l’on se trouve, plutôt que de courir après des tendances venues d’ailleurs.
Manger dans le Vorarlberg a quelque chose de délicieusement simple. Ici, les restaurants ne courent pas après les tendances et ne sur-expliquent pas ce qu’il y a dans l’assiette. À la place, ils misent sur la clarté, le confort et une confiance tranquille. On passe de tables de poissons au bord du lac à des cuisines discrètement expressives, de lieux pensés pour partager à des salles plus intimes où la tradition garde du poids. Ces adresses reflètent la façon dont le Vorarlberg mange au quotidien.
Les soirées ici se construisent autour de l’atmosphère, du son, et de lieux pensés avec intention plutôt que surproduits. Vous ne trouverez pas de clubs copiés-collés ni une vie nocturne qui en fait trop pour impressionner. À la place, vous passez de salle en salle, chacune parfaitement consciente de ce qu’elle est. Un bar où la musique compte vraiment. Un espace cocktails où le design donne le tempo. Une adresse où le live rassemble, sans forcer le moment. Si vous aimez les nuits qui se déroulent naturellement et laissent de la place à la conversation, ce sont les lieux qui font juste.
Le café, dans le Vorarlberg, n’est pas un simple réflexe en arrière-plan. On le voit à la manière dont les gens s’attardent aux tables, dont les conversations durent au-delà de la dernière gorgée, et dont les cafés sont pensés pour rester, pas seulement pour passer. Certains lieux sont sociaux et énergiques, d’autres calmes et introspectifs, mais tous comprennent qu’un bon café fait plus que servir du café. Répartis entre Bregenz, Dornbirn et Feldkirch, ils reflètent chacun leur quartier avec subtilité. L’un attire par la vue, l’autre par l’odeur des grains fraîchement torréfiés, un autre par cette sensation simple, on vous laisse rester autant que vous voulez.
Voici le Vorarlberg, sans filtre et pleinement en action.
La fin de l’été, glissant vers le début de l’automne, c’est le moment où la région trouve son meilleur rythme. Les montagnes restent ouvertes et accueillantes, les lacs conservent leur chaleur, et l’air devient juste assez vif pour rendre tout plus net. Les verts s’intensifient dans le Bregenzerwald, des villages comme Schwarzenberg et Andelsbuch prennent une teinte plus chaude, et le paysage paraît maîtrisé plutôt que chargé. Rien ne se bat pour attirer l’attention. Tout est à sa place.
Les journées s’étirent confortablement, vous laissant de l’espace pour bouger sans surveiller l’heure. Les matinées arrivent en douceur le long du lac de Constance, à Bregenz et Lochau, où l’eau reste calme et réfléchissante. L’après-midi, les routes alpines et les téléphériques tournent à plein régime. Les points de vue du Pfänder, du Rüfikopf et du Montafon restent accessibles, tandis que les promenades dans les vieilles villes de Feldkirch et Bludenz relient culture et panorama sans effort. Le soir, le tempo ralentit comme il faut. Le lac de Constance devient miroir, les silhouettes des montagnes se découpent, et le coucher de soleil s’attarde.
Cette période fonctionne parce que la région opère avec une confiance totale. Musées, espaces de design et centres historiques sont ouverts. Les cafés débordent sur les rues. Les restaurants trouvent leur cadence. Vous n’avez ni le chaos de la haute saison, ni les fermetures de l’entre-saison. Vous traversez un lieu stable, fonctionnel, et discrètement généreux avec votre temps.
La fin de l’été, jusqu’au début de l’automne, c’est le Vorarlberg dans sa meilleure forme. Calme. Sûr de lui. Pleinement ouvert. Sans précipitation, sans compromis, sans bruit.
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